À travers l’Europe, la lavande anglaise s’épanouit sans faiblir même sous des pluies fréquentes, tandis que la lavande française, réputée pour ses rendements, craint l’humidité et se montre exigeante sur la qualité du sol. Les variétés se concurrencent sur l’arôme, la résistance et la durée de floraison, mais leurs besoins diffèrent radicalement, y compris lors de la taille ou de la multiplication.
Un choix inadapté peut compromettre la croissance ou limiter la floraison, indépendamment des efforts fournis. Adapter la variété à la nature du sol, au climat et à l’usage final garantit la réussite de la plantation.
Comprendre les spécificités de la lavande anglaise et de la lavande française
La lavande ne se limite pas à une seule espèce. Elle ouvre la porte à une famille foisonnante : les lamiacées, qui déclinent une palette surprenante. Deux stars tirent leur épingle du jeu : la lavande anglaise, lavandula angustifolia, aussi nommée lavande vraie, et la lavande française, le plus souvent lavandula stoechas, connue aussi comme lavande papillon. Chacune affirme son caractère, tant par son aspect que par son parfum.
Pour mieux cerner leurs particularités, voici les points forts de chaque espèce :
- Lavande anglaise : silhouette compacte, feuillage gris-vert, épis denses bleu violacé. Son parfum rond, doux, avec une touche de camphre, la rend précieuse pour les parfumeurs comme pour les herboristes. Originaire de zones tempérées, lavandula angustifolia se distingue par sa résistance à la rigueur hivernale. Elle reste un choix sûr pour les jardins soumis au froid.
- Lavande française : la lavandula stoechas, ou lavande papillon, multiplie les têtes florales coiffées de bractées violettes, rappelant le frémissement d’ailes sous la lumière. Son parfum, plus intense et presque épicé, s’impose dans les paysages du sud et les terrains baignés de soleil.
Le choix ne se résume pas à une question d’esthétique. La lavande vraie (angustifolia) se prête à merveille aux bouquets secs, à la production d’huiles essentielles et aux sachets parfumés. La lavande papillon (stoechas) quant à elle, structure les massifs, brille par sa floraison longue et tolère la sécheresse. Les amateurs de diversité botanique se tournent aussi vers les variétés hybrides, fruits du croisement entre lavande vraie et lavande aspic, qui prolifèrent dans les champs de Provence.
Quand on maîtrise ces subtilités, chaque lavandula trouve sa partition : du jardin méditerranéen vibrant aux bordures plus fraîches, du carré d’herbes au rocailleux exposé au vent.
Quels critères pour bien distinguer ces deux variétés au jardin ?
Pour différencier la lavande anglaise de la lavande française dans un massif, il faut aiguiser son regard. Trois éléments font la différence : forme, feuillage et floraison.
La lavande anglaise (lavandula angustifolia) forme des touffes arrondies et régulières. Les feuilles sont fines, d’un vert argenté, et les épis floraux, courts et compacts, oscillent entre bleu et violet profond. Son parfum subtil embaume les jardins de senteurs, y compris sous des climats plus frais.
La lavande papillon (lavandula stoechas) joue davantage la carte de l’originalité. Son feuillage, plus large et plus doux au toucher, s’accompagne de tiges souples. Les épis, surmontés de bractées éclatantes, évoquent de petites ailes. Cette apparence peu banale apporte une note graphique en bordure ou dans les rocailles, avec une floraison qui s’étire du printemps à l’été. Son parfum, plus soutenu, se laisse remarquer dès le crépuscule.
Le choix du sol influe également : la lavande anglaise préfère les terrains secs et caillouteux, sans excès de fertilité, et supporte les hivers rudes. La lavande papillon, elle, apprécie une terre acide, souple, et ne tolère pas de forts gels. Pour les régions en altitude ou soumises au froid, optez pour angustifolia ; pour les expositions chaudes, stoechas s’impose.
Dernier point d’identification : la fenêtre de floraison. La lavande anglaise illumine les jardins entre juin et juillet, tandis que la lavande papillon prolonge le spectacle du printemps jusqu’à la fin de l’été, offrant une présence longue durée.
Culture et entretien : conseils pratiques pour des lavandes en pleine santé
Pour voir prospérer la lavande anglaise (lavandula angustifolia) ou la lavande française (lavandula stoechas), veillez au sol, à l’ensoleillement et à la taille. Côté substrat, choisissez une terre drainante, pauvre et caillouteuse : la lavande redoute l’humidité stagnante, qui met à mal racines et boutons floraux. Offrez-lui du soleil à volonté, gage de couleurs éclatantes et de parfums intenses.
Pour une plantation réussie, privilégiez le printemps ou l’automne selon votre région. Creusez large, ajoutez du gravier si la terre retient l’eau, arrosez sans excès pour aider à l’enracinement. En pot, préférez un contenant percé, tapissé de billes d’argile, et dosez l’engrais avec parcimonie : la lavande ne supporte pas la surabondance.
Comment tailler la lavande ?
Voici les étapes à suivre pour une taille efficace :
- Attendez la fin de la floraison, généralement en août pour la lavande vraie, un peu plus tôt pour la lavande papillon.
- Taillez sur le bois tendre, sans toucher au vieux bois, pour éviter que la plante ne dépérisse.
- Façonnez une boule compacte : la silhouette reste élégante et la nouvelle croissance est stimulée.
Un entretien attentif assure une floraison généreuse année après année. Même robustes, les lavandes apprécient un désherbage manuel et qu’on aère le sol au pied. Pour multiplier vos plants, bouturez en été : cette méthode fonctionne bien et permet d’agrandir massifs et bordures tout en conservant la spécificité de chaque variété.
À chaque besoin sa lavande : usages, parfums et inspirations pour votre espace vert
La lavande, symbole vivant des terres de Provence, collectionne les usages et les parfums. Misez sur les différences olfactives pour adapter chaque espèce à vos envies. La lavande anglaise (lavandula angustifolia), ou lavande vraie, offre une senteur douce et fine, presque sucrée. Très recherchée en aromathérapie et pour la distillation d’huiles essentielles, elle se glisse dans les rituels de bien-être, les sachets parfumés, les bouquets secs, ou même les recettes sucrées et infusions.
La lavande française (lavandula stoechas), la fameuse lavande papillon, surprend par ses bractées violettes et son parfum plus camphré, un peu sauvage. Elle dynamise les jardins modernes par son port compact et ses couleurs éclatantes. Elle s’avère idéale pour structurer des bordures, attirer abeilles et papillons, ou embaumer l’intérieur d’une note plus marquée.
Voici quelques situations où choisir la bonne lavande fait toute la différence :
- Pour les huiles essentielles : privilégiez la lavande vraie, emblématique des paysages de Haute-Provence et du Plateau de Sault.
- Pour pots et balcons : la lavande papillon séduit par sa floraison graphique et convient parfaitement aux petits espaces.
- Pour parfumer armoires ou tiroirs : la lavande vraie garde ses arômes durablement dans les sachets.
- Pour des massifs structurés : le lavandin, hybride naturel, allie vigueur et abondance florale.
Inspirez-vous de cette diversité pour créer un jardin aromatique, une allée odorante ou un refuge paisible. Lavande anglaise ou lavande française, chaque variété affirme sa présence, du Plateau d’Albion jusqu’aux balcons en ville. La lavande ne choisit pas seulement son terroir, elle imprime sa marque là où on l’attend le moins.


