Un DPE classé F ou G place un logement parmi les passoires thermiques, avec des conséquences sur la valeur patrimoniale et la possibilité de louer. Depuis la réforme de 2021, le calcul repose sur la méthode 3CL et intègre à la fois la consommation d’énergie primaire et les émissions de CO₂. Un système de chauffage énergivore, comme une chaudière fioul ancienne ou des convecteurs électriques, pénalise directement la note. Dans ce contexte, la pompe à chaleur apparaît comme une solution technique susceptible d’améliorer le classement. Son impact dépend pourtant de plusieurs paramètres liés au bâti et aux équipements existants.
Impact du chauffage sur le calcul du DPE
Le DPE attribue une étiquette en fonction des kWh d’énergie primaire par mètre carré et par an, ainsi que des kilogrammes de CO₂ émis. Une chaudière fioul non condensante affiche fréquemment un rendement inférieur à 80 %, avec un facteur d’émission dépassant 300 gCO₂/kWh. À l’inverse, une pompe à chaleur air-eau présente un coefficient de performance annuel compris entre 2,5 et 3,5 en rénovation. Cela signifie qu’elle restitue jusqu’à trois fois plus d’énergie thermique qu’elle ne consomme d’électricité. Le facteur d’émission de l’électricité française reste modéré, ce qui améliore la colonne climat du DPE. Pour une performance optimale de la pompe à chaleur, confiez l’installation à des professionnels comme l’équipe de Install PAC.
Conditions techniques pour un gain de classe

L’amélioration du classement dépend d’abord de l’isolation. Une pompe à chaleur installée dans un logement mal isolé fonctionne à haute température et perd en performance saisonnière. Le DPE prend en compte les déperditions par les murs, la toiture et les planchers bas. Si le coefficient Bbio reste élevé, le gain lié au changement de chauffage sera limité. Le dimensionnement précis de l’équipement influe aussi sur la note finale. Une PAC sous-dimensionnée entraîne des appoints électriques pénalisants dans le calcul réglementaire. À l’inverse, un modèle adapté aux besoins réels optimise la consommation conventionnelle retenue par la méthode 3CL et améliore la classe énergétique.
PAC air-air, air-eau ou géothermique
Le type de pompe à chaleur influence différemment le DPE. Une PAC air-air agit sur le chauffage et parfois la climatisation, mais elle ne produit pas d’eau chaude sanitaire, ce qui maintient un ballon électrique pénalisant. La version air-eau alimente des radiateurs ou un plancher chauffant et peut couvrir l’ECS via un module intégré. Cette configuration réduit la consommation d’énergie primaire globale du logement. La géothermie offre un COP plus stable grâce à la température constante du sol, avec des performances supérieures en hiver. Le logiciel de calcul du DPE valorise ces rendements annuels.
Effet sur les émissions de CO₂
Depuis juillet 2021, la classe retenue correspond à la plus mauvaise note entre énergie et climat. Un logement chauffé au fioul atteint fréquemment la classe G en raison d’émissions élevées. En remplaçant cette énergie par une PAC alimentée à l’électricité, les émissions chutent nettement, car le mix électrique français reste faiblement carboné. Le DPE intègre un coefficient de conversion de 2,3 pour l’électricité en énergie primaire, contre 1 pour le gaz ou le fioul. Malgré ce coefficient, le rendement élevé de la PAC compense largement. Le résultat se traduit par une baisse des kWhEP/m².an et des kgCO₂/m².an, ce qui peut sortir un bien du statut de passoire thermique.
Limites et cas où le classement évolue peu
Une pompe à chaleur ne corrige pas des défauts structurels majeurs. Si les combles ne sont pas isolés et que les menuiseries présentent un simple vitrage, la consommation conventionnelle restera élevée. Le DPE modélise un usage standardisé du logement, sans tenir compte des habitudes réelles des occupants. Une PAC performante dans la pratique ne garantit pas automatiquement un bond de deux classes si l’enveloppe reste défaillante. Par ailleurs, dans les immeubles collectifs avec chauffage central, le changement individuel d’équipement demeure impossible. Enfin, un réseau de radiateurs haute température mal adapté peut limiter les gains attendus dans le calcul réglementaire.
Stratégie pour améliorer un DPE défavorable
L’approche la plus efficace consiste à combiner amélioration de l’enveloppe et modernisation du système thermique. L’isolation des combles réduit immédiatement les besoins de chauffage intégrés dans la méthode 3CL. Le remplacement d’une chaudière ancienne par une PAC air-eau bien dimensionnée agit ensuite sur la consommation d’énergie primaire. L’installation d’un ballon thermodynamique pour l’eau chaude sanitaire complète le dispositif. Cette combinaison peut faire passer un logement de la classe F à la classe D, sous réserve d’une étude thermique préalable. Une simulation réalisée par un diagnostiqueur ou un bureau d’études permet d’anticiper précisément le gain de classement avant d’engager les travaux.


